Je ne me souviens pas pour quelle occasion, mais j’y étais

Message d’Alain séverac qui m’a envoyé la chanson de Gourbit
Voici les paroles de la chanson de Gourbit, en première page de I CAL ANA du 12 août 1986.
Cette chanson est pour moi un hymne de ralliement, oui nous quittions Gourbit et les copains le cœur gros à a fin des vacances, mais quel plaisir de nous retrouver l’été suivant
Nous l’avions chantée pour la fête alors que nous étions gamins. La chorale avait été managée par les plus grandes, Renée Larnaudie, Renée et Jacquie Blaize. Elles nous avaient fait jouer des scénettes sur l’air du petit cordonnier qui voulait aller danser (de Francis Lemarque) et de Davy Crockett. Elles nous avaient aussi appris à danser le chacahacha, le rock, etc… De très joyeux et lointains souvenirs.

L’histoire d’un mignon petit chaton
Une dame de gourbit m’a raconté l’histoire d’un joli petit chaton.
C’était jour de marché à Tarascon. Deux hommes du village était descendus vendre des moutons. La journée c’était bien passée, la vente de leurs moutons avait rapporté de quoi nourrir la famille. Après un petit tour à l’auberge pour arroser leur chance, ils décidèrent de remonter le Cariet
A mi-chemin, ils trouvèrent un petit chaton noir. Un des hommes le ramassa et l’enfourna dans sa besace.
— Voila qui fait mon affaire, il chassera les souris ricana-t-il.
Ils reprirent la montée, et oublièrent le chaton, instinctivement l’homme changea sa besace d’épaule. Ami-chemin, ils réalisèrent que le chat ne cessait de grossir, mais cela n’affola pas l’homme, il tenait à son chat.
— Quelle chance, il chassera les rats de la grange, annonça-t-il satisfait.
Le chat grossissait toujours, il avait maintenant la corpulence d’un gros renard. L’homme peinait de plus en plus. C’est haletant, à moitié étouffé par la bête qu’il franchit les derniers lacés, et ce malgré les injonctions de son compère de ce débarrasser dans le ruisseau de cette bête. Il commençait à trouver de la diablerie dans ce chat.
Je pense que tu as enfermé le diable dans ton sac, l’avertit son compagnon, qui se signa, et récita une prière pour se protéger du Démon et de ses serviteurs.
Ils durent faire halte tant la bête s’agitait dans le sac. L’homme avait à peine posé sa besace à terre que le chat, déchira la toile et sortit comme une furie, les poils hérissés, les yeux flamboyants et cria :
Bien té bal qué mas abaichà
Heureusement pour toi que tu m’as posé.
Et comme un éclair, il disparut dans la montagne, laissant derrière lui une traînée jaune nauséabonde.
Le Mount ou le « Roc del mietjourn
Ce rocher était aussi nommé «Milieu du jour » par les habitants du village, car en été le soleil est à sa verticale, tous les jours, à midi.
Le jour du solstice d’Eté le soleil à midi se place passe entre les deux roches de sa cime. En hiver, le soleil se couche avant d’avoir atteint ce mont, il ne le dépasse qu’un certain jour de juin, toujours le même. Or ce jour là dans le bon vieux temps, deux habitants du village avaient pris l’habitude de venir s’asseoir près de la croix sur la place. Il faisait un pari sur le passage du soleil entre les deux rochers à la cime do Mount. « Il passera ou passera pas ? »
Le Gustou disait :
Et le Clovis de répliquer :
Et tous les ans, il passait juste au dessus du menhir.
La légende du roc du milieu du jour
Tous les ans, des bergers et vachers de la vallée de la courbière, montaient tous les ans, faire paître leurs bêtes sur les flancs du roc del mietjourn. A mi chemin ils avaient construis des petites cabanes, pour se mettre à l’abri la nuit.
Un soir à la tombé de la nuit, un homme épuisé se présenta à eux, et demanda l’hospitalité pour la nuit, un peu de lait de brebis, et une place sur leur lit de fougères. Ce fut un beau tollé les cabanes étaient déjà assez étroite pour eux et leurs chiens, alors une personne de plus il ne fallait pas y compter, ils refusèrent. Basile, le plus jeune eut pitié du voyageur, il lui offrit une écuelle de lait de brebis et lui laissa sa place sur sa paillasse de fougères, et partit dormir à la belle étoile dans le creux d’un rocher.
Le lendemain, le Christ (et oui encore lui) demanda au jeune pâtre de vite rassembler son troupeau et de descendre dans la vallée avec comme recommandation :
Le jeune pâtre fit ce que l’homme lui commandait. Alors qu’il descendait le flanc de la montagne en direction de Gourbit, il sentit le sol trembler et un grand bruit au dessus de sa tête. Oubliant la recommandation de Jésus, il se laisse convaincre par la curiosité et se retourna et eut le temps de voir des masses d’eau engloutirent les mauvais bergers et leurs bêtes, avant d’être transformé en pierre.
Les crêpes de la chandeleur
Le jour de la fête de notre dame de la chandeleur, ma Méninou comme j’aimais la surnommé, tant elle était douce et bonne, me faisait un plat de délicieuses crêpes. C’était toute une cérémonie pleine de superstitions transmises de mères en filles.
Dans la cheminée Méninou commençait à installait des bûches d’aulne, un bois qui produisaient une flamme douce et régulière. Avant de commencer la préparation de la pâte elle me demandait
Et comme tous les ans, papi avant que sa femme ne se mettre au travail, préparait le fusil avec du gros sel.
Après toutes ces précautions, la confection des crêpes pouvait commencer. Assise sur une cadièrou (petite chaise basse) Méninou tenait dans sa main une louche à long manche, tandis qu’à côté d’elle dans une grande jatte de terre cuite, reposé une pâte onctueuse sentant bon la fleur d’oranger.
Piqué au bout d’une fourchette un gros bout de lard servait à frottait la plaque. Meninou y versait délicatement une louchée de pâte sur l’ustensile, en l’étalant dans un mouvement giratoire avec la raclette.
Je savais que la première crêpe ne serait pas mangée, elle servait de porte bonheur pour l’année à venir. Meninou y plaçait une pièce de vingt sous en argent ; elle repliait la crêpe en quatre et disait :
Je lançais de toutes mes forces les crêpes sur le haut de l’armoire et Pépi faisait claquer un coup de fusil vers le haut de la cheminée. Pourquoi me demanderez-vous, il ne fallait ni chats, ni voisins dans la cuisine ? et pourquoi le papi tirait un coup de fusil dans la cheminée ? en voici l’histoire que Meninou m’a contée.
La légende des crêpes et des sorcières de la Chandeleur
Une fois dans notre village, une Gourbitoise confectionnait des crêpes pour la fête de notre dame de la chandeleur. Elle avait laissé la porte de la cuisine ouverte, aussi vit-elle entrer une grosse chatte noire, qui vint s’asseoir sur son derrière dans le cantou, au pé del foc (au pied du feu). Avec ses gros yeux globuleux, elle surveillait la fermière qui depuis l’arrivée du chat dans la pièce loupait toutes ses crêpes. Alors elle se souvint des recommandations de sa mère et en déduisit que cette chatte n’était qu’une sorcière, elle l’avait embreyché. Pour contrecarrer le mauvais sort, elle cria à la bête :
— Je te doute, tout en lui lançant sur le museau une crêpe brûlante.
La chatte noire se sauva en miaulant de douleur, et les crêpes suivantes furent toutes réussies.
Le lendemain sa voisines de donna aucun signe de vie, ses volets restèrent clos toute la journée. Inquiète, notre fermière croyant sa voisine malade alla la voir. Elle la trouva gémissant au lit, une serviette humide enveloppait tout son visage.
Avec l’aide du Diable elle mit sa vengeance à exécution dès le lendemain matin. Quand notre fermière voulut sortir sa poule du pot, elle avait disparue. Et les jours suivant, lorsqu’elle ouvrit sa bourse les billets s’étaient transformés en feuilles de tilleul.
Notre Gourbitoise alla conter ses malheurs au curé ? qui lui conseilla d’appliquer la recette des femmes de la vallée de Saurat.
« Pour avoir de l’argent toute l’année, du pain blanc et du bon vin, n’oublie pas de jeter ta première crêpe renfermant une pièce d’argent sur l’armoire. Pour ne pas être ensorcelée, n’omet pas de fermer toutes les ouvertures de la maison, il ne faut ni voisin, ni voisines, ni chat dans la cuisine. »